Pêche à l’anglaise avec Didier Raynaud (compétiteur audois) au lac de Jouarres.

 

C’est le championnat régional de pêche à l’anglaise de septembre 2008 qui a révélé l’exceptionnel potentiel de ce lac sur le plan halieutique, pour ce qui concerne les pêches de gardons en particulier.

J’ai voulu voir cela de plus près et j’ai sollicité Didier Raynaud, un compétiteur licencié FFPSC*, pour réaliser une partie de pêche. Didier connaît bien le lac et les différentes astuces qui permettent de pêcher efficacement. Il m’a fait une petite démonstration ce jour là.

 

Nous avons choisi la pêche à l’anglaise et ce n’était pas pour me déplaire, car j’ai affectionné cette technique durant plusieurs années avant de la laisser un peu de côté. Ces retrouvailles furent un régal ! Didier accepta bien volontiers de pêcher à courte distance (20 mètres) pour m’éviter d’être complètement hors jeu.

 

Notez que lorsqu’on débute à la pêche à l’anglaise, il vaut mieux commencer à 15-20 mètres du bord. Au-delà on devient vite très imprécis dans l’amorçage et dans le positionnement de la ligne.

 

FFPSC = Fédération Française de Pêche Sportive au Coup

 

Pas un brin de vent à Jouarres, la chose est rare ! Cela ne rend pas la pêche des plus facile en règle générale… mais en règle générale seulement !

 

 

 

Un compétiteur comme Didier est armé jusqu’aux dents pour pratiquer sa passion. Pour autant ne vous y trompez pas, il est possible de réaliser de très belles pêches avec un matériel relativement simple. Car, au final, l’essentiel c’est d’avoir une ligne qui pêche bien, comme dans toutes les techniques d’ailleurs !

 

 

Très vite, après un amorçage copieux, les touches s’enchaînent les unes après les autres. Lorsque je parle d’amorçage copieux, il s’agit d’une bonne quinzaine de boules de la taille d’une orange ! Là aussi, on peut penser que du point de vue financier ce n’est pas à la portée de tout le monde d’utiliser autant d’amorce. Sauf que la chose à savoir, c’est que cette amorce est composée à plus de 50 %  de simple terre !!!

L’intérêt d’ajouter de la terre c’est d’obtenir une amorce plus lourde et peu nutritive. Cependant elle empêche la réalisation de boules compactes suffisamment solides pour arriver jusqu’au fond sans se dissoudre. Pour éviter cela Didier utilise une amorce avec des propriétés plutôt collantes, car à une base d’amorce à gardons il ajoute de l’amorce à carpes (fine mouture) très collante. Et en plus, il rajoute de la Bentonite qui est une argile. Avec ce mélange on obtient une amorce qui ne se disperse pas à l’impact sur l’eau et qui par son poids permet de fixer les poissons sur le coup malgré la présence de vent ! Et ça c’est un vrai plus au lac de Jouarres !

 

Remarque : un mélange d’amorce bien plus simple n’empêcherait nullement d’attraper des poissons, n’oubliez pas que Didier est un compétiteur et que par conséquent il recherche la perfection !

 

 

A l’anglaise, la plupart du temps le ferrage s’effectue sur le côté et de manière ample, jusqu’au contact avec le poisson.

 

 

Les gardons sont très présents malgré l’absence de vent. A un moment donné, lorsque les touches s’estompent, après 3 bonnes heures de pêche, Didier décide d’effectuer des rappels réguliers. Il s’agit d’envoyer des petites boules d’amorce sur le coup (nom donné au poste de pêche) situé à 20 mètres du bord, et cela avec une grande précision. A cette distance, on peut les lancer à la main. Au-delà il faut utiliser une fronde. Et rapidement les poissons se réinstallent sur le coup. Didier continue allègrement son festival !

 

 

La taille moyenne des gardons est des plus satisfaisante. Et parfois un joli spécimen vient s’ajouter aux prises. Didier sélectionne les poissons, pour cela il garnit son hameçon n°16 avec deux gros gozzers rouges.

NB : les gozzers sont plus gros que les simples asticots, excellents également pour être envoyés à la fronde lorsqu’on pêche à l’anglaise où à la grande canne.

 

Remarque : il va de soi que des asticots seraient également « pêchants », il n’est pas absolument nécessaire d’avoir des gozzers !

 

 

Les bas de lignes de Didier sont bien sûr montés à la main et il dispose de toutes les combinaisons nécessaires en terme de taille d’hameçon et de diamètre de nylon. Un n° 16 sur un fil de 10/100 de millimètre faisait l’affaire ce jour là.

 

 

A la fin de la partie de pêche (environ 5 heures), Didier totalisait une bourriche de 126 gardons ! Tous ces gardons sont évidemment remis à l’eau après la petite séance photos.

 

Pour ma part, j’ai pris une leçon ! Car j’ai terminé avec seulement 70 poissons. Mais j’ai retrouvé les bonnes sensations que procure la pêche à l’anglaise… et il serait bien possible que je la pratique plus souvent désormais. Avec un tel plan d’eau si poissonneux… ça va me démanger ! Et grâce aux enseignements tirés de cet échange avec Didier, la prochaine fois je partirai peut-être sur de meilleures bases… A la pêche on avance lorsqu’on pense « partage » plutôt que « secret »…

 

Dans le cadre des animations que j’organise pour les jeunes, je sais désormais que je dispose là d’un très bon spot de pêche… alors pour 2009 il est vraisemblable que plusieurs stages s’y dérouleront. Pour les adultes également… pourquoi pas mettre en place quelques cours spécifiques pour ceux qui voudraient apprendre à pêcher… à l’anglaise !

 

Merci à Didier Raynaud pour cette belle journée !

 

 

Si le lac de Jouarres conserve cette grande population de poissons, il va forcément devenir un vrai spot de qualité pour les pêcheurs de compétition et forcément pour tous ceux qui ont envie de se régaler à la pêche en toute simplicité.

 

Les hébergements en bordure de lac permettent même d’envisager des événements d’envergure nationale côté compétition, et certains y pensent déjà ! On peut espérer que si cela advient les structures associatives de la pêche sauront s’engager dans ce sens pour permettre une mise en lumière de la pêche sportive (et donc de la pêche tout court) auprès du grand public…